14 juillet 2026
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Félix Tshisekedi exige l’arrêt immédiat de la militarisation des mines en RDC

Alors que la République démocratique du Congo (RDC) occupe une place stratégique dans l’approvisionnement mondial en minerais stratégiques, le président Félix Tshisekedi a lancé un appel solennel à son gouvernement pour mettre fin sans délai à toute présence illégale de militaires et policiers sur les sites miniers du pays.

Lors de la 94e réunion du Conseil des ministres, tenue le 10 juillet 2026 à la Cité de l’Union africaine, le Chef de l’État a réaffirmé l’importance cruciale du secteur minier pour l’économie nationale. Il a souligné la nécessité de renforcer la transparence et la crédibilité du pays sur les marchés internationaux, tout en garantissant une exploitation responsable de ses ressources naturelles.

Une situation aux conséquences multiples

Le Président a dénoncé les effets dévastateurs de la militarisation illégale des sites miniers, qui fragilise la gouvernance des ressources naturelles, compromet les réformes en cours et porte atteinte à l’image du pays. Selon ses déclarations, cette pratique favorise les circuits illicites, les actes d’intimidation et les extorsions, tout en privant les opérateurs légitimes de leurs droits.

« Une telle situation entretient des perceptions négatives sur la gouvernance de nos ressources naturelles », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que ces agissements « favorisent les circuits illicites et compromettent les efforts du gouvernement en faveur d’une exploitation transparente et conforme aux standards internationaux ».

Des mesures immédiates et radicales

Face à cette situation, Félix Tshisekedi a ordonné au vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, au vice-Premier ministre de la Défense, au chef d’état-major des FARDC et au commissaire général de la Police nationale congolaise de prendre toutes les dispositions nécessaires pour mettre un terme définitif à cette pratique.

Les autorités concernées devront notamment :

  • Retirer immédiatement tous les militaires et éléments des forces de sécurité présents illégalement sur les sites miniers ;
  • Cesser toute ingérence des forces de défense et de sécurité dans les activités minières ;
  • Sécuriser les sites conformément au cadre légal en vigueur ;
  • Démanteler les réseaux de fraude et d’exploitation minière illégale soutenus ou protégés par des hommes en uniforme ;
  • Sanctionner exemplairement toutes les personnes présentes de manière irrégulière sur ces sites.

Le Chef de l’État a également insisté sur le renforcement des mécanismes de contrôle, de certification et de traçabilité des minerais pour garantir leur conformité aux exigences nationales et internationales.

Un problème récurrent

Cette décision s’inscrit dans la continuité des mesures prises en 2022, lorsque le gouvernement avait déjà ordonné le retrait des militaires et policiers des carrières d’exploitation artisanale. À l’époque, les autorités avaient pointé du doigt les désordres, les abus et les pratiques frauduleuses liés à la présence irrégulière des forces de sécurité sur ces sites.

Cette nouvelle directive vise à restaurer l’autorité de l’État, à protéger les droits des opérateurs miniers légitimes et à préserver la confiance des investisseurs nationaux et internationaux.

Cobalt brut dans une mine en RDC