22 juin 2026
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Le Président togolais défend une refonte des relations entre l’Europe et l’Afrique

Depuis le 18 juin 2026, le Togo est au cœur des discussions du sommet FII PRIORITY Europe, un événement dédié aux enjeux de la réindustrialisation, à la résilience des chaînes d’approvisionnement et aux transformations du marché du travail dans un contexte marqué par l’intelligence artificielle. Le Président Faure Essozimna Gnassingbé, à la tête du Conseil des ministres, y défend une vision ambitieuse : repenser en profondeur les liens entre les deux continents.

Repenser la coopération euro-africaine pour des intérêts communs

Dans son allocution, le chef de l’État togolais a mis en lumière l’urgence de dépasser les modèles traditionnels d’aide ou de coopération, jugés inadaptés aux défis contemporains. Les tensions géopolitiques et la compétition économique mondiale imposent désormais une approche stratégique, fondée sur des intérêts partagés et des investissements productifs.

« Il est temps de substituer aux schémas classiques une relation plus équilibrée, où chaque continent apporte sa valeur ajoutée », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de maîtriser les interdépendances économiques entre l’Europe et l’Afrique.

L’autonomie stratégique comme levier de partenariats durables

Faure Gnassingbé a présenté l’autonomie stratégique non pas comme une logique d’isolement, mais comme une meilleure organisation des échanges économiques. Les crises récentes ont montré que les interdépendances, pour être bénéfiques, doivent être plus sûres, équilibrées et prévisibles. L’Afrique et l’Europe disposent de complémentarités naturelles qu’il convient d’exploiter pour bâtir un nouveau modèle de coopération.

Un partenariat gagnant-gagnant pour les deux continents

Le Président togolais a souligné que l’Europe, en quête de partenaires fiables pour sécuriser ses approvisionnements et renforcer sa compétitivité, et l’Afrique, avide de capitaux, de technologies et d’infrastructures, peuvent transformer leurs besoins en opportunités mutuelles. « Ces aspirations ne s’opposent pas. Elles peuvent se renforcer », a-t-il affirmé, appelant à une convergence d’intérêts stratégiques au service des populations des deux continents.

Le Togo ambitionne de devenir un hub logistique et industriel régional

En marge des débats, Faure Gnassingbé a détaillé la stratégie togolaise pour consolider son rôle de plateforme logistique, industrielle et commerciale en Afrique de l’Ouest. Plusieurs axes prioritaires ont été évoqués :

  • la modernisation du port de Lomé ;
  • le développement des corridors régionaux ;
  • la simplification des procédures commerciales ;
  • la digitalisation des échanges.

Ces infrastructures, a-t-il précisé, ne profitent pas uniquement au Togo, mais renforcent également la résilience économique de toute la sous-région.

L’Afrique en route vers la production et l’innovation

Le dirigeant togolais a réaffirmé la volonté du continent africain de sortir de son rôle de simple fournisseur de matières premières. L’objectif est clair : se positionner comme un espace de production, de transformation et d’innovation, capable de générer davantage de valeur localement. Une Afrique plus industrialisée et mieux intégrée représenterait, selon lui, une véritable opportunité pour l’Europe et les investisseurs internationaux.

Le Togo mise sur sa visibilité pour attirer les investissements

La participation du Togo au sommet FII PRIORITY Europe s’inscrit dans une démarche proactive pour promouvoir les atouts du pays auprès des décideurs économiques mondiaux. Lomé cherche ainsi à attirer davantage d’investissements, à nouer des partenariats durables et à consolider son statut de hub économique en Afrique de l’Ouest.

Le sommet a rassemblé des figures majeures du monde économique, dont Yasir ben Othman Al-Rumayyan, président du Conseil d’administration du Future Investment Initiative Institute, et Richard Attias, fondateur et président du Comité exécutif de l’institution. Ils ont échangé avec des dirigeants politiques, des investisseurs et des représentants d’institutions financières internationales.