4 juillet 2026
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Genève, Suisse — La Commission d’enquête indépendante des Nations Unies sur les droits de l’homme au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, en République démocratique du Congo (RDC), vient de présenter son premier rapport devant le Conseil des droits de l’homme. Une mission déjà marquée par des défis majeurs, notamment des contraintes financières qui limitent son action sur le terrain.

Lors de sa première visite en RDC, la Commission a mené des consultations approfondies à Kinshasa, rencontrant victimes, défenseurs des droits humains, représentants du gouvernement, acteurs de l’ONU et diplomates. « Malgré l’instabilité sécuritaire et sanitaire persistante, nous avons entamé ce travail essentiel pour documenter les violations des droits humains dans l’est du pays », a expliqué un membre de la Commission sous couvert d’anonymat.

une mission entravée par le manque de moyens

Les difficultés ne se limitent pas à la sécurité. Les restrictions budgétaires imposées aux Nations Unies réduisent drastiquement la capacité opérationnelle de la Commission. « Les financements insuffisants affectent notre capacité à déployer des équipes d’enquête, à assurer l’interprétation simultanée, à mener une analyse approfondie et à maintenir une présence constante sur le terrain », a révélé Arnauld Akodjenou, président de la Commission.

Ces lacunes menacent directement l’efficacité de la mission, alors que les populations civiles subissent toujours les conséquences des violences dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. « Les cas de violences sexuelles, les déplacements forcés et les exactions contre les personnes vulnérables exigent une réponse rapide et rigoureuse », a-t-il insisté.

l’appel à une protection renforcée des victimes et témoins

La Commission rappelle l’urgence de garantir un accès humanitaire sans entrave, en particulier pour les femmes, les enfants, les personnes âgées et les handicapés. « Aucun témoin, aucune victime, aucun défenseur des droits ne doit subir de représailles pour avoir collaboré avec notre équipe », a souligné Akodjenou. La sécurité des acteurs locaux, y compris les journalistes et les travailleurs humanitaires, reste une priorité absolue.

Le président de la Commission a également mis en garde contre l’impunité, rappelant que la résolution S-37/1 du Conseil des droits de l’homme charge la mission d’« établir les faits, préserver les preuves et identifier les responsables des crimes commis ». « Sans ressources suffisantes, cette tâche devient presque impossible », a-t-il déploré.

un mandat crucial pour la justice en rdc

Créée en février 2025, la Commission d’enquête a pour mission d’examiner les violations présumées des droits humains et du droit international humanitaire, notamment les violences sexuelles, les crimes contre les personnes déplacées et les attaques contre les civils. Elle doit également analyser les causes profondes des cycles de violence qui secouent l’est de la RDC depuis le début de l’année 2025.

Malgré les obstacles, la Commission reste déterminée à remplir son mandat avec « indépendance, sérieux et diligence ». Mais sans un soutien financier et logistique renforcé, sa capacité à apporter la vérité et la justice aux victimes sera severely compromise.

Les prochaines étapes dépendront donc largement des décisions prises par les instances onusiennes et les partenaires internationaux pour débloquer les fonds nécessaires à cette mission cruciale pour la paix en RDC.