La République Démocratique du Congo a franchi une étape décisive dans sa riposte contre la dix-septième épidémie de la maladie à virus Ebola. Le gouvernement a officiellement annoncé, le mercredi 24 juin 2026, l’instauration d’une mesure d’isolement obligatoire de 21 jours pour toute personne arrivant des zones touchées par l’épidémie. Cette quarantaine préventive devra être observée avant tout déplacement, qu’il soit national ou international, et vise à renforcer les dispositifs de santé publique existants.

Cette décision cruciale est justifiée par la nécessité impérieuse de consolider la lutte contre le virus, de minimiser les risques de propagation et d’assurer une gestion rigoureuse des individus potentiellement exposés, comme l’a précisé l’exécutif congolais. Elle survient également après la détection d’un cas d’Ebola sur le sol français.

L’organisation médicale ALIMA a confirmé ce cas, révélant qu’un de ses médecins humanitaires avait été testé positif au virus Ebola après son retour en France. Ce praticien avait précédemment effectué une mission dans une région affectée par l’épidémie en République Démocratique du Congo. Face à cette situation, le gouvernement congolais a réaffirmé son engagement inébranlable à protéger sa population et à soutenir les équipes de première ligne. Il s’engage à mener la riposte avec une transparence exemplaire, une rigueur scientifique et une collaboration renforcée avec l’ensemble de ses partenaires, tant pour la protection des Congolais sur le territoire que dans le cadre de la coopération sanitaire mondiale.

Cette nouvelle stratégie intervient alors que le bilan de l’épidémie d’Ebola de souche Bundibugyo continue de s’alourdir en RDC. Un rapport de situation publié le mercredi 24 juin 2026, basé sur les données du mardi 23 juin, fait état de 1 118 cas confirmés et de 291 décès depuis le début de la crise sanitaire, soit un taux de létalité de 26 %. L’épidémie s’est étendue et affecte désormais 34 zones de santé réparties dans trois provinces : l’Ituri, qui demeure l’épicentre avec 22 zones touchées ; le Nord-Kivu, sous haute surveillance avec 11 zones ; et le Sud-Kivu, qui compte 3 cas confirmés et un décès.

Du point de vue opérationnel, le ministère de la Santé publique, de l’Hygiène et de la Prévoyance sociale indique que 408 patients sont actuellement isolés ou hospitalisés, et 122 guérisons ont été enregistrées. Le suivi des contacts atteint un taux de 77,1 % pour 8 346 personnes sous surveillance. Ce chiffre, bien qu’actif, est jugé encore insuffisant par les autorités pour atteindre les objectifs opérationnels fixés.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) avait déjà, le 17 mai – soit deux jours après la déclaration officielle de l’épidémie en République Démocratique du Congo – classé cette flambée d’Ebola Bundibugyo, qui s’est ensuite propagée en Ouganda, comme une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI).

L’OMS souligne que l’épidémie a connu une expansion géographique significative et que son ampleur réelle pourrait être sous-estimée. La situation est exacerbée par la forte mobilité des populations, la fragilité des systèmes de santé, le manque d’infrastructures sanitaires adéquates, les difficultés d’accès à certaines zones en proie aux conflits armés, et l’absence de vaccin ou de traitement spécifique pour cette souche particulière du virus.

Face à ce contexte délicat, les autorités de la République Démocratique du Congo se veulent rassurantes, rejetant tout alarmisme. Elles mettent en avant les efforts considérables déployés en collaboration avec les partenaires nationaux et internationaux pour contenir cette épidémie. Elles rappellent également la vaste expérience du pays dans la gestion des crises sanitaires, la RDC ayant déjà maîtrisé seize épidémies d’Ebola précédentes grâce à d’importantes opérations de riposte.