diplomatie malienne et algérienne : une réconciliation accélérée par le chaos au Sahel

En février 2026, Bamako qualifiait de « manipulation » les rumeurs évoquant le retour de son ambassadeur en Algérie. Cinq mois plus tard, le revirement est confirmé. Le 10 juillet, le Mali et l’Algérie ont officialisé la réouverture de leurs relations diplomatiques, une volte-face liée à la dégradation brutale de la situation militaire dans le nord du Mali.
Le 19 février, le ministère malien des Affaires étrangères avait démenti avec fermeté les informations circulant sur les réseaux sociaux. Ces publications suggéraient un rétablissement des liens diplomatiques avec Alger, évoquant même une médiation du Niger. Bamako avait alors dénoncé des « allégations infondées et malveillantes », accusant des « acteurs malintentionnés » de vouloir semer la discorde. Le message était clair : le Mali refusait de suivre la trajectoire du Niger, qui venait de renouer avec l’Algérie.
Le 10 juillet, tout a changé. Par un communiqué officiel, le gouvernement de transition malien a annoncé le retour de son ambassadeur à Alger et la levée des restrictions sur l’espace aérien entre les deux pays. Cette décision faisait écho à une mesure similaire prise par Alger quelques jours plus tôt. En moins de 24 heures, les deux capitales actaient la fin d’une année de gel diplomatique.
Le nord du Mali, épicentre d’une crise régionale
Ce rapprochement s’explique par l’évolution du conflit dans le nord du Mali. Depuis l’offensive du 25 avril 2026, les cartes ont été redistribuées. Le Front de libération de l’Azawad (FLA), à dominante touarègue, et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), lié à Al-Qaïda, ont uni leurs forces contre un ennemi commun : la junte de Bamako et ses alliés russes de l’Africa Corps. Cette offensive a notamment coûté la vie au ministre malien de la Défense, Sadio Camara, et replacé Kidal au cœur des tensions.
Face à cette dégradation, Bamako a dû revoir sa stratégie. Le rapprochement avec Alger s’inscrit dans une logique de réalignement diplomatique, alors que Niamey et Ouagadougou renforcent leurs liens avec l’Algérie. Une nouvelle donne qui redessine les équilibres au Sahel.