22 mai 2026
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Le Sénégal doit prioriser le dialogue et le consensus, souligne Amadou Ba

Président Bassirou Diomaye Faye et Amadou Ba

Lors d’un entretien au Palais de la République, l’ancien Premier ministre Amadou Ba a partagé ses propositions pour renforcer la stabilité nationale. À l’issue d’un échange avec le président Bassirou Diomaye Faye dans le cadre du Dialogue national, il a mis en lumière l’urgence d’un dialogue politique approfondi et d’une restauration de la crédibilité financière du pays.

Reconnu pour son expérience à la tête du gouvernement, Amadou Ba a salué l’initiative présidentielle, la qualifiant d’« essentielle » pour aborder les défis majeurs du Sénégal. Il a insisté sur la nécessité de concertations élargies pour bâtir des consensus durables sur les réformes institutionnelles et les enjeux nationaux.

Des réformes électorales à approfondir

Parmi les dossiers discutés, les réformes électorales ont occupé une place centrale. Amadou Ba a souligné l’importance d’élargir les discussions pour aboutir à des accords plus robustes. Il a ainsi proposé au chef de l’État d’allonger la période de concertation de dix à quinze jours supplémentaires, afin de garantir une adhésion plus large aux changements envisagés.

« Le Sénégal a besoin de consensus, le Sénégal a besoin de dialogue », a-t-il déclaré, précisant que cette démarche ne relevait pas d’une position partisane, mais de l’intérêt général. Une conviction qu’il a défendue avec fermeté, insistant sur l’unité nationale comme levier de progrès.

Une économie sous pression

Sur le plan économique, l’ancien ministre des Finances a tiré la sonnette d’alarme face à la conjoncture actuelle, fortement influencée par le contexte international. Les difficultés économiques, a-t-il averti, pèsent déjà lourdement sur les ménages sénégalais. Il a également rappelé les relations complexes entre le Sénégal et le Fonds monétaire international, évoquant une période de douze ans sans programme de financement avec l’institution.

« J’ai moi-même passé six ans sans recevoir le moindre franc du FMI », a-t-il confié, avant de souligner que le Sénégal avait su préserver sa crédibilité malgré cette absence de décaissements. Cependant, il a reconnu que la situation actuelle exige des compromis pour sécuriser les financements nécessaires au développement du pays.

Amadou Ba a par ailleurs alerté sur les répercussions des dégringolades successives des notations financières du Sénégal. Ces dégradations, selon lui, alourdissent le coût des emprunts et réduisent les marges de manœuvre de l’État, limitant ainsi sa capacité à investir dans des secteurs clés.

Sécurité et défense : un dialogue indispensable

Les échanges ont également porté sur les questions sécuritaires, dans un contexte sous-régional marqué par des tensions persistantes. Amadou Ba a plaidé pour un dialogue élargi sur ces enjeux, tout en appelant à un renforcement du soutien aux forces de défense et de sécurité. Une vigilance accrue, a-t-il estimé, est indispensable pour garantir la stabilité du pays.

Une posture politique apaisée

Enfin, l’ancien chef du gouvernement a réaffirmé sa position d’opposant, tout en insistant sur la nécessité de dépasser les clivages politiques pour servir l’intérêt commun. « Je reste dans l’opposition, mais certaines questions dépassent les divisions », a-t-il affirmé. Il a conclu en appelant à une approche pacifique et constructive pour relever les défis nationaux.