3 juin 2026
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crise politique au Sénégal : le pastef exclut toute participation au gouvernement faye

Le président Bassirou Diomaye Faye a annoncé lundi 1er juin la composition de son nouveau gouvernement, sans aucune représentation du Pastef, le parti mené par son ancien Premier ministre Ousmane Sonko. Cette décision marque une rupture nette entre les deux figures politiques, autrefois alliées, et plonge le pays dans une période d’incertitude institutionnelle.

Quelques heures avant cette annonce, Ousmane Sonko, désormais président de l’Assemblée nationale, avait officiellement confirmé que son parti ne siègerait pas au sein de l’exécutif. Dans un communiqué diffusé sur ses réseaux sociaux, il a évoqué des « désaccords profonds » avec le chef de l’État concernant la répartition des rôles au sein du gouvernement. Selon ses propos, les discussions n’ont pas permis de trouver un terrain d’entente, notamment sur la place de la majorité parlementaire dans l’appareil exécutif.

une alliance brisée après des mois de tensions

Cette crise survient après des semaines de frictions croissantes entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, autrefois considérés comme les piliers du mouvement politique ayant porté le président au pouvoir. Le limogeage de ce dernier, survenu douze jours plus tôt, avait déjà signalé une fracture irréversible. Désormais, la formation politique Pastef se retrouve exclue de l’équipe gouvernementale, une première depuis l’avènement de cette nouvelle ère politique au Sénégal.

Dans son communiqué, Ousmane Sonko précise que des « convergences » ont bien été identifiées lors de leur entretien, mais que les « points de désaccord » l’ont finalement emporté. Malgré des propositions ajustées transmises aux instances du parti, aucune réponse favorable n’a été obtenue. Le communiqué conclut sans ambiguïté : « PASTEF – Les Patriotes ne participera pas au prochain gouvernement et n’y sera représenté par aucun ministre. »

un contexte économique déjà fragilisé

Cette crise politique s’ajoute à un environnement économique déjà sous tension. Le Sénégal fait face à des défis majeurs, aggravés par la découverte, en 2024, d’une sous-déclaration de la dette publique par l’administration précédente. Le Fonds monétaire international (FMI) a depuis suspendu son programme de prêt de 1,8 milliard de dollars, portant la dette du pays à 132 % du PIB à la fin de l’année 2024.

Les autorités sénégalaises ont indiqué espérer relancer les négociations avec le FMI dès la semaine prochaine. L’objectif ? Parvenir à un accord sur les mesures clés d’ici le 30 juin, afin de stabiliser la situation financière et rassurer les partenaires internationaux. Un enjeu crucial pour un pays en pleine transition politique et économique.

illustration crise politique Sénégal

Le nouveau gouvernement, dirigé par Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, compte 30 ministres, mais exclut les principaux cadres du Pastef présents dans l’ancien exécutif. Cette exclusion symbolise une reconfiguration majeure de l’échiquier politique sénégalais.

Alors que le pays tente de surmonter une crise financière sans précédent, cette division politique risque d’aggraver les incertitudes et de compliquer les réformes nécessaires. Les prochaines semaines s’annoncent décisives pour le Sénégal, entre stabilisation économique et cohésion institutionnelle.