4 mai 2026
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Bassirou Diomaye Faye, président du Sénégal, accueillant l’équipe nationale après la CAN au Palais de la République à Dakar en janvier 2026

Il y a près de deux mois, la Fédération sénégalaise de football (FSF) affichait une unité remarquable après l’annonce de la CAF retirant le titre de champion d’Afrique aux Lions de la Teranga au profit du Maroc. L’instance dirigeante, dirigée par son président Abdoulaye Fall, avait alors décidé de porter l’affaire devant le Tribunal arbitral du sport pour contester cette décision.

Cependant, cette période d’unité semble désormais révolue. Les récentes mesures liées aux primes promises par le président Bassirou Diomaye Faye aux joueurs et au staff technique ont provoqué des tensions au sein même des instances footballistiques sénégalaises. Ces décisions, perçues comme des interférences politiques, divisent désormais les responsables et les acteurs du football local.

Des primes qui cristallisent les divisions

Les primes attribuées par le chef de l’État sénégalais aux Lions de la Teranga après leur participation à la Coupe d’Afrique des nations (CAN) ont ravivé les tensions au sein de la FSF. Si certains y voient une reconnaissance légitime de l’effort collectif, d’autres dénoncent une ingérence directe dans les affaires du football, mettant en cause l’autonomie de la fédération.

Ces désaccords ont donné lieu à des échanges houleux lors des dernières réunions des instances dirigeantes, où les positions se sont durcies. Certains membres de la FSF estiment que ces primes, bien que symboliques, risquent de fragiliser la gouvernance du football sénégalais en soumettant ses décisions à des logiques politiques.

Un climat de méfiance s’installe

Les tensions actuelles ne se limitent pas aux primes. Elles reflètent un malaise plus profond au sein de la Fédération, où les relations entre les dirigeants et le pouvoir politique deviennent de plus en plus tendues. Cette situation interroge sur l’avenir du football sénégalais, traditionnellement reconnu pour son unité et sa stabilité.

Les partisans d’une gestion indépendante du football craignent que ces interventions répétées ne sapent la crédibilité de la FSF et n’affaiblissent la performance des Lions de la Teranga sur la scène internationale. À l’inverse, ceux qui soutiennent ces mesures y voient une opportunité de valoriser les succès sportifs et de renforcer le lien entre l’État et les athlètes.

Quelles conséquences pour le football sénégalais ?

Si les divisions actuelles persistent, le football sénégalais pourrait subir des conséquences néfastes à plusieurs niveaux :

  • Une gouvernance affaiblie : les querelles internes pourraient paralyser la prise de décision et nuire à la gestion quotidienne du football local.
  • Un impact sur les performances sportives : une fédération divisée peut difficilement offrir un cadre stable aux joueurs, ce qui pourrait se répercuter sur les résultats des Lions de la Teranga en compétition.
  • Une perte de confiance des sponsors : les partenaires pourraient hésiter à s’investir dans un environnement perçu comme instable.
  • Un risque de sanctions : la FIFA pourrait sanctionner le Sénégal si elle estime que l’ingérence politique menace l’autonomie du football.

Face à cette situation, les acteurs du football sénégalais sont appelés à trouver un terrain d’entente pour préserver l’avenir du sport national. La question reste entière : le football sénégalais parviendra-t-il à surmonter cette crise et à retrouver son unité ?