Une première promotion historique pour la transformation numérique en Afrique
Abidjan se prépare à vivre un moment charnière dans le paysage de la formation professionnelle africaine. Djibril Ouattara, ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, a officiellement lancé, ce 22 juin 2026, l’étape décisive pour la première promotion du parcours de licence professionnelle en management de l’économie numérique de l’École multinationale supérieure des postes (EMSP). Ce programme inédit, conçu comme un tremplin vers l’emploi, s’adresse aux futurs acteurs capables de porter la révolution numérique en Côte d’Ivoire et au-delà des frontières ivoiriennes.
Un stage de trois mois pour concrétiser les compétences acquises
Cette phase d’immersion professionnelle, d’une durée de trois mois, marque l’aboutissement du parcours académique de ces étudiants en Licence 3. Ce stage, validé par un rapport final devant un jury, représente bien plus qu’une simple formalité : il s’agit d’une immersion totale dans le monde professionnel. Les apprenants auront ainsi l’opportunité de mettre en pratique leurs connaissances théoriques tout en développant des compétences transversales essentielles pour leur future carrière.
Les 100 étudiants de cette promotion pionnière ont été répartis dans 43 structures variées, allant des entreprises privées aux institutions publiques et parapubliques. Leur mission ? Se familiariser avec les réalités du terrain tout en contribuant activement aux projets de leurs tuteurs. Pour faciliter leur intégration, chaque stagiaire a reçu un soutien financier équivalent à trois mois de bourse, couvrant notamment les frais de transport et de séjour.
Un discours engageant pour des responsabilités historiques
Lors de la cérémonie organisée dans les locaux de la Tour Postel 2001, le ministre a livré un message fort à ces futurs diplômés, qu’il a qualifiés de « pionniers ». Un titre qui n’est pas anodin : ces étudiants sont en effet les premiers à suivre ce cursus ambitieux, conçu pour répondre aux enjeux de la digitalisation en Afrique. Le ministre a insisté sur le rôle clé qu’ils joueront dans l’avenir numérique du continent, soulignant que leur réussite ne dépendra pas seulement de leurs compétences, mais aussi de leur engagement et de leur exemplarité.
« Vous incarnez bien plus qu’une promotion. Vous êtes les ambassadeurs d’un nouveau modèle de formation, celui qui façonnera l’industrie et l’administration de demain. Votre diplôme sera jugé à l’aune de votre professionnalisme et de votre vision. Portez haut les valeurs d’excellence, d’intégrité et de rigueur qui doivent guider vos actions », a-t-il déclaré.
Il a également encouragé les stagiaires à faire preuve de curiosité, de créativité et d’audace, des qualités indispensables pour innover dans un secteur en pleine mutation. « Soyez des forces de proposition, des acteurs du changement », a-t-il conclu, appelant à une mobilisation collective pour servir les intérêts des États membres de l’EMSP.
L’EMSP : une école africaine tournée vers l’avenir
Depuis sa création en 1970 sous l’égide de l’Union postale universelle (UPU), l’École multinationale supérieure des postes (EMSP) a su évoluer avec son temps. Initialement centrée sur la formation des cadres des administrations postales et des services financiers postaux, elle a élargi son champ d’action pour s’adapter aux défis technologiques et économiques contemporains. Son objectif ? Former une nouvelle génération de professionnels polyvalents, capables de s’épanouir dans des environnements variés.
Le directeur général de l’établissement, Michel Touré, a rappelé l’ambition pédagogique de l’EMSP : « Nous ne formons pas des ingénieurs ou des techniciens classiques. Nos étudiants seront des connecteurs, capables de naviguer entre les écosystèmes numériques, logistiques, marketing et financiers. Leur force réside dans leur adaptabilité et leur capacité à accompagner la transformation digitale dans tous les secteurs. »
L’EMSP rassemble aujourd’hui huit pays africains : le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal et le Togo. Cette diversité renforce la dimension panafricaine de l’établissement, qui mise sur des compétences locales pour répondre à des enjeux continentaux.
Une cérémonie sous le signe de l’unité africaine
La cérémonie de lancement des stages a réuni des personnalités de premier plan, dont Amadou Coulibaly, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement ivoirien. Sa présence a symbolisé l’importance accordée à ce programme par les autorités politiques. Par ailleurs, Mohamed Abdallah, ambassadeur de Mauritanie en Côte d’Ivoire, a représenté les autres États membres de l’EMSP, rappelant ainsi l’engagement commun en faveur de l’innovation et de la formation professionnelle.