Une décision judiciaire controversée suspend le Congrès de l’UNJCI
En Côte d’Ivoire, une assignation en référé a conduit à la suspension du Congrès ordinaire de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI), initialement prévu pour renouveler ses instances dirigeantes. Le juge des référés a tranché, mais l’organisation a fait appel de cette décision pour préserver son autonomie.
Congrès extraordinaire : une solution temporaire pour éviter un vide institutionnel
Face à l’imminence de l’expiration des mandats des instances dirigeantes (le 26 février à minuit), l’UNJCI a convoqué un Congrès extraordinaire le 25 février. Les congressistes ont alors voté, à la majorité requise, la prorogation des mandats jusqu’à la tenue d’un nouveau Congrès ordinaire. Une décision perçue comme une mesure de sauvegarde pour maintenir la continuité institutionnelle.
Des tensions post-vote révélatrices d’un climat tendu
Cependant, des incidents violents ont éclaté après le scrutin, illustrant les profondes divisions au sein de la profession. Ces heurts soulèvent des questions sur la stabilité du paysage médiatique ivoirien et la capacité des journalistes à exercer librement leur métier.
Réactions des dirigeants : une défense ferme de l’indépendance syndicale
Jean Claude Coulibaly, président de l’UNJCI, a réagi avec fermeté : « Nous avons pris acte de la décision de justice suspendant notre Congrès, tout en engageant un recours. Mais il était impensable de laisser s’installer un vide statutaire qui aurait affaibli notre organisation. La prorogation votée est une mesure de responsabilité, car l’UNJCI est la maison commune des journalistes ivoiriens. Aucune autorité ne peut en dicter le fonctionnement. »
Omar Faruk Osman, président de la Fédération africaine des journalistes (FAJ), a dénoncé une ingérence politique : « Empêcher un syndicat de renouveler ses instances puis exploiter la situation pour créer un vide institutionnel relève d’une violation grave de la liberté syndicale. Cela va à l’encontre des engagements internationaux de la Côte d’Ivoire. Aucune autorité ne peut imposer sa volonté sur le choix des dirigeants d’une organisation de journalistes. »
Anthony Bellanger, secrétaire général de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), a qualifiée la situation de violation des droits fondamentaux : « C’est une atteinte inacceptable à la liberté d’association et une ingérence directe dans les affaires internes d’un syndicat. Avec la FAJ, nous saisirons les instances internationales, dont l’Organisation internationale du travail, pour déposer une plainte officielle contre le gouvernement ivoirien. L’autonomie syndicale est un droit protégé, non négociable. »
Appel à la responsabilité des autorités ivoiriennes
La FIJ et la FAJ exhortent les autorités ivoiriennes à respecter l’indépendance de l’UNJCI, à garantir la sécurité de ses membres et à organiser le Congrès ordinaire dans un cadre libre, transparent et apaisé. Ces organisations rappellent que le pluralisme et la liberté de la presse sont des piliers essentiels de la démocratie en Afrique.