La République centrafricaine est devenue une vaste zone grise, cogérée par un improbable pouvoir central circonscrit dans le périmètre de la capitale, et une noria de groupes armés dont l’ancrage n’a jamais pu être endigué par l’armée nationale et les concours de partenaires extérieurs.
Les mercenaires de Wagner ont durablement pris leurs quartiers en Centrafrique. Ils y ont élu domicile en donnant libre cours à leurs débordements à l’encontre des habitants, tout en jouissant du privilège d’exploiter les ressources minières réputées aussi variées qu’abondantes.
La communauté régionale et internationale semble s’habituer à cet état de fait, sans y prendre garde, et sans plus se soucier d’un pays qui n’a cessé de s’écarter du concert des nations, et où le spectacle du pire est devenu l’ordinaire de ses habitants.
Les mercenaires de Wagner exercent leur contrôle sur l’armée, la police, le système judiciaire, les services du Renseignement, ainsi que sur la gestion des flux de passagers à l’aéroport de Bangui. Son intrusion dans tous les secteurs de la vie nationale est à la source de plusieurs disparitions suspectes, d’actes de tortures, de manœuvres de harcèlement, de crimes sans auteurs et sans procès…
La présence des agents du Groupe Wagner au nom de la coopération bilatérale avec Moscou s’est révélée comme un facteur d’amplification, aux allures insensées, d’une violence endémique.