3 juin 2026
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La scène politique en République centrafricaine (Centrafrique) demeure sous haute tension. Après l’investiture récente du président Faustin Archange Touadéra, marquant l’ouverture de la VIIe République, une voix influente s’est fait entendre : celle de Martin Ziguélé, ancien chef de gouvernement et leader du MLPC. Ses déclarations récentes mettent en lumière des frictions persistantes entre le pouvoir en place et l’opposition, signalant un moment crucial pour l’avenir du pays.

Interrogé depuis Bangui, Martin Ziguélé a livré un diagnostic alarmant de la situation politique et socio-économique. Il estime qu’une décennie sous l’administration actuelle n’a pas apporté d’amélioration concrète dans la vie quotidienne des Centrafricains. Pour inverser cette tendance préoccupante, il insiste sur l’urgence d’un dialogue véritable et constructif, devant impérativement impliquer les dirigeants politiques ainsi que les acteurs de la société civile.

Pour étayer son propos, l’opposant met en avant des chiffres frappants concernant la pauvreté en Centrafrique. En 2016, plus de la moitié de la population vivait sous le seuil de pauvreté (avec moins de 1 000 francs CFA par jour) ; une proportion qui, selon les projections, pourrait atteindre environ les deux tiers des habitants d’ici 2026. Cette précarité est aggravée par des problèmes structurels majeurs : un accès insuffisant à l’eau et à l’électricité, des infrastructures de transport dégradées, et la prolifération de barrages illégaux sur les routes, entravant le développement économique et la libre circulation.

La régression des filières agricoles illustre également, selon Ziguélé, le recul économique national. Des productions phares se sont effondrées : la culture cotonnière, qui atteignait autrefois près de 100 000 tonnes, avoisine aujourd’hui seulement 2 000 tonnes. De même, des productions historiques comme le café ne disposent plus de statistiques fiables. Dans ce contexte, Martin Ziguélé considère qu’une véritable relance passera par un vaste et ambitieux chantier de réformes politiques et économiques.

Le dialogue : une nécessité absolue pour l’avenir de la Centrafrique

Aux yeux de Martin Ziguélé, la discussion entre les différents camps politiques est une condition non négociable pour le progrès. Il affirme que, dans toute démocratie, le dialogue doit être perçu comme un instrument essentiel pour résoudre les blocages et les impasses. L’ancien chef de gouvernement rappelle avec insistance que la majorité de la population réside en zone rurale, subissant directement les conséquences de l’enclavement et de l’effondrement des chaînes de production, ce qui rend la concertation d’autant plus vitale pour ces populations.

Bien que le Président Faustin Archange Touadéra ait, après son investiture du 30 mars 2026, présenté un bilan positif de ses deux mandats tout en reconnaissant l’existence de défis importants, Martin Ziguélé maintient une position ferme. Il est convaincu qu’un redressement durable de la République centrafricaine et la mise en œuvre des réformes nécessaires ne pourront se concrétiser sans une concertation large et sincère, mobilisant l’ensemble des forces vives et des acteurs de la nation.