14 juillet 2026
837ef1d9-ea88-49a1-9b0c-158751a28729

Le ministre des Cultes du Cameroun, Paul Atanga Nji, a déclaré le 8 juillet 2026 l’imminence de la fermeture de 1 400 églises nouvelles à travers le territoire. Cette décision fait suite aux « irrégularités persistantes » observées dans leur situation administrative.

Dès 2024, une directive ministérielle avait exigé l’enregistrement de ces congrégations auprès des autorités compétentes. Cependant, un nombre significatif n’a pas encore satisfait à cette obligation. « La période de tolérance est révolue », a affirmé le ministre lors d’un entretien avec les dirigeants de l’église de réveil « Vie et Paix ». Cette convocation intervenait après un meurtre tragique fin juin, où une fille de 11 ans a été poignardée à 17 reprises par une fidèle de 22 ans de cette même église, l’auteure alléguant avoir agi sous l’inspiration du Saint-Esprit.

Ce drame, qui a profondément ému la nation camerounaise, faisait écho à un crime similaire survenu en mars, où une autre fillette de 11 ans avait également perdu la vie dans des circonstances non élucidées.

Le gouvernement du Cameroun mène une action soutenue contre la prolifération des églises nouvelles depuis 2006. En 2008, les autorités avaient officiellement reconnu 81 entités, incluant associations, Églises chrétiennes et institutions religieuses, parmi lesquelles 46 Églises protestantes et pentecôtistes, toutes opérant en conformité avec la législation en vigueur.

À l’instar de nombreux pays d’Afrique, le Cameroun a vu le phénomène des sectes chrétiennes prendre une ampleur considérable dès 1994. Cette expansion fut favorisée par la législation sur la liberté d’association et exacerbée par la dévaluation du franc CFA (Communauté financière africaine). Cette crise économique a plongé de nombreuses populations africaines dans la précarité, les rendant plus vulnérables aux promesses de divers prêcheurs.

Déjà en 2025, les autorités camerounaises avaient procédé à la fermeture d’environ 200 lieux de culte appartenant à des églises nouvelles, principalement pour des motifs de nuisances sonores. À l’époque, un avertissement clair avait été lancé aux congrégations non agréées, les sommant de « commencer à fermer et à plier bagages ».