14 août 2026
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Une convention tripartite pour booster la transformation locale du cajou

Le Groupement des transformateurs de cajou ivoiriens (GTCI), qui fédère des acteurs nationaux transformant annuellement 100 000 tonnes de noix brutes, a accueilli favorablement la signature, le 11 juin 2026, d’un accord historique entre la Banque nationale d’investissement (BNI), le Conseil du Coton et de l’Anacarde (CCA) et les industriels locaux. Cette convention marque une étape clé pour la filière, en facilitant l’accès des usines à des ressources financières essentielles.

Dans un courrier daté du 17 juillet 2026, adressé aux plus hautes autorités ivoiriennes dont le Premier Ministre Robert Beugré Mambé, le président du GTCI, Denis Kouadio, a exprimé sa reconnaissance envers les institutions ayant permis la mise en œuvre de ce dispositif inédit. Ce dernier vise à sécuriser l’achat de noix brutes et à couvrir les coûts de production, deux enjeux majeurs pour les transformateurs nationaux.

Les opérateurs ivoiriens ont en effet investi massivement dans leurs propres infrastructures, démontrant leur engagement en faveur de l’industrialisation du secteur et de la création de valeur sur le territoire national.

Un mécanisme de financement structurant pour la filière

Ce partenariat innovant repose sur un partage des responsabilités entre les acteurs clés. Le CCA s’engage à fournir en début de campagne 20 % des besoins en noix brutes des transformateurs, tandis que la BNI prend en charge les 80 % restants, incluant également les besoins en fonds de roulement nécessaires à la poursuite des activités industrielles et à l’exportation.

Pour le GTCI, cette initiative représente une avancée majeure. Elle permet non seulement de stabiliser l’approvisionnement des usines, mais aussi de renforcer leur compétitivité et leur pérennité sur le marché international.

Un soutien politique et technique déterminant

Le président du GTCI a également mis en avant le rôle central joué par plusieurs hauts responsables dans la concrétisation de ce projet. Parmi eux figurent le Vice-Premier Ministre Téné Birahima Ouattara, le ministre du Commerce et de l’Industrie Khalil Konaté, le ministre de l’Économie et des Finances Adama Coulibaly, ainsi que les dirigeants du CCA et de la BNI, notamment Mamadou Berté, Youssouf Fadika et Jérôme Ahua. Leur implication a permis de bâtir un mécanisme de financement adapté aux réalités du terrain.

Vers une extension à d’autres filières stratégiques ?

Fort du succès de ce programme, conçu pour soutenir l’émergence de champions nationaux dans la transformation du cajou, les autorités ivoiriennes envisagent désormais d’appliquer une approche similaire au secteur du cacao. L’objectif ? Offrir aux transformateurs locaux un accès facilité aux ressources financières, afin d’accroître leur capacité industrielle et de maximiser la valeur ajoutée sur le sol ivoirien.

La Côte d’Ivoire, leader mondial du cajou

Avec une production annuelle avoisinant 1,5 million de tonnes, la Côte d’Ivoire confirme sa position de premier producteur mondial de noix de cajou brutes. Le pays dispose aujourd’hui d’un parc industriel composé de 37 unités de transformation, totalisant une capacité de plus de 830 000 tonnes par an. Grâce à un taux de transformation locale de 43 %, la Côte d’Ivoire se classe au deuxième rang des exportateurs d’amandes de cajou et au troisième rang mondial des pays transformateurs, selon les dernières données de l’ITC (2025).

Après avoir consolidé sa domination sur la production de noix brutes, la Côte d’Ivoire ambitionne désormais d’accélérer sa stratégie de transformation locale. Cette démarche vise à retenir davantage de valeur ajoutée sur son territoire, à dynamiser son tissu industriel et à générer de nouveaux emplois pour les jeunes et les femmes.