3 juin 2026
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Burkina Faso : stratégies locales pour financer la santé sexuelle et reproductive

Face à l’effritement des aides internationales et à la crise sécuritaire persistante, le Burkina Faso explore désormais des solutions endogènes pour maintenir ses services essentiels en santé sexuelle et reproductive.

Une rencontre organisée par le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN) a réuni des acteurs clés pour réfléchir à des mécanismes de financement local. Le thème central : « Comment compenser la baisse des financements extérieurs pour préserver les droits en santé sexuelle et reproductive ? »

une dépendance excessive aux partenaires internationaux

Selon les dernières données du ministère de la Santé burkinabè, près de 81 % des budgets alloués à la santé sexuelle et reproductive provenaient autrefois de bailleurs extérieurs. Cependant, ces contributions connaissent une baisse significative depuis quelques années, mettant en péril la continuité des services.

Cette situation a poussé les autorités sanitaires à réévaluer leur stratégie et à privilégier des alternatives locales pour éviter une régression des acquis en matière de planification familiale et de prévention des grossesses précoces.

les pistes proposées par les experts

Pour Désiré Thiombiano, directeur de AMS Synergie Burkina Faso, la solution passe par l’implication active des communautés. Il insiste sur l’urgence d’agir pour éviter des conséquences dramatiques comme les mariages précoces, les grossesses non désirées ou encore les décès maternels.

Ses recommandations s’articulent autour de trois axes principaux :

  • La sensibilisation des populations : informer les citoyens sur l’importance de contribuer financièrement à ces programmes.
  • L’implication des leaders communautaires : mobiliser les figures religieuses et traditionnelles pour renforcer la masculinité positive et promouvoir le plaidoyer.
  • La collecte communautaire : mettre en place un système de financement local via les collectivités territoriales, avec une gestion transparente et pérenne des fonds.

Il rappelle que « l’heure n’est plus à l’attente des partenaires internationaux. Chaque Burkinabè doit prendre conscience de son rôle dans la préservation de la santé reproductive ».

les efforts engagés par l’État burkinabè

Malgré la réduction des aides extérieures, le gouvernement continue d’investir dans ce secteur. Entre 2020 et 2025, près de 3,9 milliards de francs CFA ont été alloués à l’achat de produits contraceptifs. Ces fonds visent notamment à toucher les zones reculées et difficiles d’accès, où les besoins sont les plus criants.

Dr Clarisse Bougma, représentante de la directrice de la santé de la famille, souligne que « la mobilisation des ressources locales est un levier essentiel pour garantir la durabilité des actions et atteindre les objectifs sanitaires nationaux et internationaux ».

Elle met en avant les progrès accomplis par le ministère, tout en reconnaissant que des défis persistent, notamment dans les régions touchées par l’insécurité.

le rôle clé des médias dans la sensibilisation

Le coordinateur du REMAPSEN Burkina Faso, Boureima Sanga, a souligné l’importance d’informer les journalistes sur les mécanismes de financement endogène. Selon lui, « dans un contexte de crises multiples, une presse bien informée est un pilier pour sensibiliser les populations et renforcer la souveraineté sanitaire ».

Cette initiative s’inscrit dans une démarche de plaidoyer continu, soutenue par le Partenariat de Ouagadougou, afin de promouvoir des solutions durables et adaptées aux réalités locales.