3 juin 2026
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Le gouvernement du capitaine Ibrahim Traoré au Burkina Faso a révélé la découverte d’un « vaste réseau d’agents indélicats » au cœur de la cour d’appel de Ouagadougou. Plusieurs magistrats, arrêtés en octobre, sont sous le coup d’accusations de corruption, soupçonnés d’avoir influencé des décisions de justice en échange de gratifications financières.

Burkina Faso : une dizaine de hauts magistrats poursuivis pour corruption, selon le régime

Des failles sérieuses au sein de la justice burkinabè 

Une dizaine de hauts magistrats burkinabè, incluant des présidents de chambre, un procureur général et un juge d’instruction, font l’objet de poursuites pour des allégations de corruption, d’après un communiqué gouvernemental. Ces arrestations, survenues au cours du mois d’octobre, découlent d’une série d’auditions qui ont mis en lumière un « vaste réseau d’agents indélicats opérant au sein de la cour d’appel de Ouagadougou », comme l’a précisé le capitaine Farouk Azaria Sorgho, porte-parole du Korag, l’entité chargée de concrétiser la « révolution progressiste populaire » du régime militaire.

Transactions financières suspectes et jugements altérés 

Le porte-parole a souligné que « d’importantes sommes d’argent ont été mobilisées pour des actes de corruption et d’influence, menant à des instructions biaisées et des jugements partisans ». Une affaire spécifique, impliquant une dizaine de douaniers qui avaient été relaxés suite à un non-lieu, est particulièrement examinée. Le Korag qualifie cette situation de « mascarade judiciaire », estimant que de telles décisions « affaiblissent la lutte contre la corruption » menée par l’État.

Engagement renforcé du régime militaire 

S’inspirant de la vision de Thomas Sankara, le gouvernement du capitaine Traoré, en fonction depuis 2022, a érigé la lutte contre la corruption en principe fondamental de sa politique. « Nous intensifierons la lutte contre la corruption et l’impunité des acteurs judiciaires », a affirmé le capitaine Sorgho, tout en déplorant un « grave dysfonctionnement au sein de la chaîne de justice ». Le régime militaire, souvent critiqué pour sa répression des voix dissidentes, s’efforce par ces actions de projeter une image de fermeté face aux dérives internes qui pourraient ternir sa réputation.