29 septembre 2026
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L’inauguration de RAFFINOR-BF, la première raffinerie nationale d’or du Burkina Faso, a suscité une vague de réactions et ouvert un débat sur l’avenir de la filière aurifère. Si les autorités présentent cette infrastructure comme un jalon vers la souveraineté économique, des voix s’élèvent pour interroger la réalité du contrôle burkinabè sur l’or une fois raffiné. Retour sur les retombées immédiates et les perspectives qui se dessinent.

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Une inauguration aux allures de symbole

Le 28 septembre 2026, le capitaine Ibrahim Traoré a procédé à Ouagadougou à l’inauguration de la raffinerie RAFFINOR-BF, la première du genre au Burkina Faso. Les autorités y voient une avancée majeure vers la souveraineté économique, l’installation devant permettre de transformer et de valoriser davantage l’or directement sur le territoire national. Sa capacité initiale est annoncée à 164 tonnes par an, avec une montée en puissance pouvant atteindre 515 tonnes. L’investissement dépasse 11 milliards de francs CFA.

Le chef de l’État a lui-même insisté sur la volonté de maîtriser « toute la chaîne de valeur » sur le territoire national. Un discours qui traduit l’ambition de conserver une plus grande part de la valeur ajoutée issue des ressources minières.

Des réactions contrastées et des interrogations persistantes

Derrière cette communication, une question sensible refait surface : où sera réellement conservé l’or une fois raffiné, et qui contrôlera les différentes étapes entre le raffinage, le stockage, la certification, la commercialisation et la gestion financière des réserves ? C’est précisément sur ce point que la controverse s’est installée.

Des informations diffusées en juin 2026 affirmaient que le Burkina Faso aurait conclu un accord avec une « Banque de Moscou » afin de stocker ses réserves d’or en Russie. Le rapprochement entre Ouagadougou et Moscou est, lui, bien réel. Les deux pays ont renforcé leur coopération dans plusieurs secteurs et les discussions bilatérales portent notamment sur les domaines économique, minier et énergétique.

La question du stockage et de la souveraineté

Même si RAFFINOR-BF dispose d’une zone sécurisée de stockage sur le territoire national, les éléments publics disponibles suggèrent que l’or sera ensuite transféré et stocké en Russie. Une perspective qui alimente les doutes sur la souveraineté réelle du Burkina Faso sur ses ressources.

La véritable question de souveraineté, selon certains observateurs, devrait être : « Naissance d’un nouveau colon ? » Elle devrait également être : « Ibrahim Traoré a encore dupé les Burkinabés ».

Quelles perspectives pour la filière aurifère burkinabè ?

À l’avenir, la réussite de RAFFINOR-BF dépendra de la capacité des autorités à clarifier la gouvernance de la chaîne de valeur et à rassurer sur le contrôle effectif de l’or. Les prochaines étapes, notamment la certification et la commercialisation, seront scrutées de près. Les réactions des acteurs miniers, des organisations de la société civile et des partenaires internationaux détermineront si cette raffinerie deviendra un véritable levier de souveraineté ou un simple maillon d’un dispositif plus large.

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