Lomé, capitale africaine du commerce et des partenariats en 2026
Pour la troisième année consécutive, Lomé s’impose comme l’épicentre des échanges économiques africains avec l’ouverture officielle de Biashara afrika 2026, le forum continental dédié au commerce, à l’investissement et aux partenariats stratégiques. Cet événement rassemble dirigeants politiques, chefs d’entreprise, investisseurs et acteurs du secteur privé venus de tout le continent pour discuter des leviers concrets de l’intégration africaine.
La ZLECAf : passer de l’ambition à l’action
Lors de son discours d’ouverture, Faure Essozimna Gnassingbé, Président du Conseil et chef de l’État togolais, a martelé un message clair : « Le temps des promesses est révolu, place aux résultats concrets. » Face à un auditoire attentif composé de ministres africains, d’investisseurs et de représentants du secteur privé, il a souligné l’urgence de transformer les ambitions de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) en réalisations tangibles.
Le dirigeant a rendu un vibrant hommage à Issoufou Mahamadou, figure emblématique de la ZLECAf, saluant son engagement sans faille en faveur de l’intégration économique africaine. « Son travail a posé les fondations, mais c’est maintenant à nous de bâtir l’étage supérieur », a-t-il déclaré.
Des infrastructures et des corridors logistiques pour booster le commerce intra-africain
Faure Gnassingbé a pointé du doigt les obstacles majeurs qui freinent encore le commerce au sein du continent : barrières non tarifaires, lenteurs administratives aux frontières et coûts logistiques exorbitants. Pour lui, la solution réside dans le développement d’infrastructures modernes, de corridors logistiques efficaces, de systèmes de paiement intra-africains simplifiés et de mécanismes facilitant les échanges entre entreprises locales.
Il a également dénoncé les pratiques commerciales déséquilibrées qui voient l’Afrique exporter principalement des matières premières brutes tout en important des produits transformés à haute valeur ajoutée. « Cette situation doit cesser. L’Afrique doit industrialiser ses ressources et créer des chaînes de valeur régionales », a-t-il insisté.
Biashara afrika : un forum transformé en laboratoire d’idées et d’actions
Le Président du Conseil a défini une vision ambitieuse pour Biashara afrika 2026 : celui-ci ne doit plus être un simple lieu de débats, mais une plateforme opérationnelle où naissent des partenariats concrets et des projets d’envergure continentale. « Cet événement doit être le catalyseur d’une nouvelle dynamique économique, où chaque discussion se traduit par des engagements mesurables », a-t-il affirmé.
Il a également rappelé que la ZLECAf n’est pas qu’un accord commercial, mais un outil stratégique dans un contexte mondial marqué par les tensions géopolitiques, le protectionnisme et la reconfiguration des chaînes d’approvisionnement. « Une Afrique unie économiquement sera une Afrique souveraine et respectée sur la scène internationale », a-t-il conclu.
Souveraineté économique et émergence de champions africains
Pour Faure Gnassingbé, l’intégration africaine doit permettre aux économies du continent de peser davantage dans l’économie mondiale. Il a plaidé pour l’émergence de grands groupes africains à capitaux 100 % africains, capables de rivaliser avec les multinationales étrangères et de porter des projets industriels continentaux.
Il a souligné que le développement de chaînes de valeur régionales est indispensable pour réduire la dépendance aux importations et valoriser les ressources locales. « Nous avons les ressources, nous avons les talents, mais nous manquons encore de structures intégrées pour les exploiter pleinement », a-t-il analysé.
La jeunesse, les femmes et les PME au cœur de la transformation économique
Conscient que l’intégration africaine ne peut réussir sans l’adhésion des populations, Faure Gnassingbé a mis l’accent sur le rôle clé des jeunes entrepreneurs, des femmes entrepreneures et des PME africaines. « Ce projet ne doit pas être réservé à une élite. Il doit profiter à tous, notamment à travers la création d’emplois, l’accès aux financements et l’ouverture des marchés régionaux », a-t-il expliqué.
Il a rappelé que les PME représentent plus de 90 % des entreprises africaines et emploient la majorité de la main-d’œuvre du continent. « Leur réussite est notre réussite. Leur intégration dans les chaînes de valeur continentales est une priorité absolue », a-t-il martelé.
Le Togo, acteur clé de l’intégration africaine
En conclusion de son allocution, Faure Gnassingbé a réaffirmé l’engagement du Togo en faveur de l’intégration continentale. Grâce à sa position géographique stratégique, ses infrastructures logistiques performantes et son rôle de hub régional, le pays se positionne comme un acteur incontournable dans la construction du marché unique africain.
Il a exprimé l’espoir que cette édition de Biashara afrika permettra de sceller de nouveaux partenariats et de lancer des initiatives ambitieuses pour une Afrique plus unie, plus forte et plus prospère. « Ensemble, nous pouvons écrire une nouvelle page de l’histoire économique africaine », a-t-il conclu, sous les applaudissements nourris de l’assistance.