4 septembre 2026
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Dix années se sont écoulées depuis l’attaque violente perpétrée contre le quartier général de Jean Ping à Libreville. Cet événement majeur, survenu le 31 août 2016, demeure l’un des moments les plus sombres et contestés de la crise postélectorale au Gabon.

À la suite du scrutin présidentiel du 27 août 2016, proclamant la victoire d’Ali Bongo Ondimba, le camp de l’opposition dirigé par Jean Ping avait vigoureusement réfuté ces chiffres officiels. C’est dans ce contexte d’extrême tension que les forces de l’ordre ont pris d’assaut le siège de campagne de l’opposant, au cours de la nuit du 31 août au 1er septembre 2016.

Ali Bongo Ondimba a dirigé le Gabon 16 octobre 2009 au 30 août 2023

De multiples observateurs et acteurs de la société civile rapportent que ce raid a causé des pertes humaines, de nombreux blessés, ainsi que des arrestations arbitraires et des disparitions forcées. À cette époque, le pouvoir en place avait légitimé cette incursion militaire en affirmant traquer des individus impliqués dans l’incendie de l’Assemblée nationale, qui auraient trouvé refuge dans les locaux de l’opposition.

Dix ans après : mémoire et demandes de justice

En marge de cette commémoration décennale, le collectif de mobilisation citoyenne Tournons La Page Gabon (TLP-Gabon) réclame toute la lumière sur ces exactions afin de rendre justice aux victimes. Le mouvement déplore que de nombreuses zones d’ombre subsistent encore aujourd’hui :

  • Qui a ordonné cet assaut militaire ?
  • Quel est le nombre réel de morts et de blessés ?
  • Où en sont les procédures judiciaires et les enquêtes ?
  • Qu’est-il advenu des dépouilles des personnes portées disparues ?
​Depuis son arrivée au pouvoir en 2023, le président Brice Clotaire Oligui Nguema s'est dit favorable à la mise en place d'une commission d'enquête pour faire la lumière sur la cris e postélectorale d'août 2026

Pour TLP-Gabon, la réconciliation nationale reste illusoire sans une véritable clarification judiciaire. C’est dans cette optique que l’organisation a initié la campagne commémorative « 10 ans, 10 visages » afin d’humaniser et de commémorer les disparus. Une décennie plus tard, l’exigence de vérité reste entière pour les proches des victimes. Nous faisons le point sur cette douloureuse page de l’histoire gabonaise avec nos quatre intervenants :

  • Virgilio Foumangoye, consultant spécialisé en développement durable et économiste.
  • Marc Ona Essangui, qui occupe actuellement la fonction de cinquième vice-président du Sénat et a dirigé Tournons la Page Internationale.

Frédéric Samy Passalet, essayiste, écrivain et docteur en littérature francophone, expert en prévention des conflits sur le continent africain, auteur de l’ouvrage Les marionnettes de Poutine en Afrique.

  • Rodolphe Chauvet, avocat pénaliste inscrit au barreau de Paris, collaborateur de William Bourdon sur la dimension française de cette affaire.

Retrouvez l’intégralité de nos échanges et de ce débat en écoutant l’enregistrement audio ci-dessus.