27 mai 2026
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Affrontements après l’arrestation d’un haut responsable religieux au Burkina Faso

manifestants devant un bâtiment administratif au Burkina Faso

Fin mars, un cybermilitant proche du régime a trouvé la mort lors d’une interpellation à Ouagadougou. À peine quelques semaines plus tard, c’est au tour d’un imam influent de Bobo Dioulasso, Mahmoud Barro, d’être placé en détention dans des conditions similaires. Ces événements s’inscrivent dans un contexte particulièrement tendu autour d’un texte législatif controversé.

Le 19 mars dernier, le gouvernement burkinabè a adopté en Conseil des ministres un projet de loi visant à réglementer strictement l’exercice du culte sur l’ensemble du territoire. Parmi ses dispositions les plus contestées : l’interdiction formelle de toute pratique religieuse dans les administrations publiques, les hôpitaux et les casernes. Une mesure qui a immédiatement soulevé l’indignation des leaders musulmans, dont l’imam Mohamed Kindo, figure majeure de la communauté sunnite.

L’arrestation de l’imam Kindo, survenue mardi en milieu de journée, a servi de détonateur. Le religieux, connu pour ses prises de position virulentes contre ce projet de loi, a été appréhendé dans des circonstances qui ont rapidement enflammé les esprits. À la veille de la Tabaski, des centaines de fidèles se sont rassemblés dans la capitale pour exiger sa libération, provoquant des heurts violents avec les forces de l’ordre. Les affrontements, marqués par l’usage de gaz lacrymogènes et de charges musclées, ont plongé certains quartiers dans le chaos.