14 juillet 2026
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Algérie et Mali : la fin d’une crise diplomatique et aérienne de quinze mois

Après plus d’un an de tensions persistantes, Alger et Bamako ont décidé de tourner la page. Les deux pays ont annoncé conjointement, ce vendredi, la réouverture de leurs espaces aériens respectifs et le retour de leurs ambassadeurs. Une avancée majeure qui signe le début d’une normalisation tant attendue entre les deux voisins.

Avion décollant entre Alger et Bamako, symbolisant la réouverture des frontières aériennes

Un apaisement après des mois de tensions

Les gouvernements algérien et malien ont confirmé la levée des restrictions aériennes, autorisant à nouveau les vols civils et militaires entre les deux pays. Bamako a également annoncé le retour de son ambassadeur en Algérie, rappelé en avril 2025, tandis qu’Alger a fait de même pour son représentant diplomatique à Bamako. Ces décisions mettent un terme à une période de brouille sans précédent, marquée par des échanges acrimonieux et des mesures de rétorsion.

Les origines d’une crise profonde

Tout a basculé en avril 2025 avec la destruction d’un drone militaire malien près de la frontière commune. Alger avait alors affirmé que l’appareil avait franchi son espace aérien, une version catégoriquement rejetée par Bamako, qui soutenait que le drone évoluait sur son propre territoire. Cet incident avait déclenché une série de mesures radicales : rappel des ambassadeurs, suspension des vols et une escalade verbale entre les deux États, notamment au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Des désaccords persistants malgré les efforts de détente

Au-delà de ce conflit précis, les relations entre l’Algérie et le Mali se sont dégradées depuis l’arrivée au pouvoir des autorités de transition maliennes en 2020 et 2021. Bamako accuse régulièrement Alger d’ingérence, en particulier en raison de son rôle central dans l’accord de paix de 2015 entre le gouvernement malien et les groupes armés du nord du pays. Par ailleurs, les divergences se sont creusées après que le Mali ait apporté son soutien au plan marocain d’autonomie pour le Sahara occidental, une position diamétralement opposée à celle défendue par l’Algérie. Malgré ces divergences, les deux pays partagent une frontière commune et doivent faire face à des défis sécuritaires similaires, notamment la menace croissante des groupes jihadistes dans la région du Sahel.