22 juillet 2026
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À Abidjan, les pays africains producteurs de minéraux critiques et leurs partenaires internationaux ont scellé une volonté collective : transformer les ressources stratégiques du continent en un levier de croissance économique, industrielle et sociale. L’enjeu ? Maximiser la création de valeur locale, renforcer le financement du développement et bâtir des chaînes de valeur régionales adaptées à une demande mondiale en forte expansion.

Une conférence ministérielle s’est tenue Abidjan, réunissant des représentants des secteurs miniers, énergétiques et industriels du continent, ainsi que des institutions clés comme la Commission de l’Union africaine, le secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, des banques régionales et des investisseurs internationaux.

Un nouveau pacte minier pour redéfinir la place de l’Afrique

L’objectif central de cette rencontre était de permettre au continent de tirer pleinement parti de ses réserves colossales de minéraux critiques, estimées à 29 500 milliards de dollars, et d’en faire un pilier du développement durable et inclusif. L’ambition affichée : rompre avec les modèles traditionnels d’exportation brute pour privilégier une exploitation bénéfique et transformatrice.

« Un tournant décisif » pour la gestion des ressources africaines

Lors de l’ouverture des travaux, le président de la Banque africaine de développement (BAD), Sidi Ould Tah, a appelé à une refonte radicale de la gouvernance des ressources naturelles en Afrique. « Cette conférence marque un tournant : elle vise à établir un partenariat inédit pour que le continent maîtrise enfin son destin minier et en fasse un moteur de prospérité partagée », a-t-il déclaré.

Il a souligné l’urgence de privilégier la transformation locale des matières premières pour générer davantage de valeur ajoutée. « L’Afrique compte plus de 100 institutions de financement du développement, mais leur impact cumulé ne représente qu’1 % du bilan mondial. Il est impératif de les consolider et de les recapitaliser pour financer des infrastructures résilientes et des industries locales », a-t-il ajouté.

La Côte d’Ivoire se positionne comme acteur clé des minéraux critiques

Le ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a rappelé l’importance d’une solidarité continentale renforcée. « Aucun pays ne peut réussir seul. Nous devons unir nos forces pour créer des chaînes de valeur régionales et transformer nos ressources en richesses durables », a-t-il insisté.

Il a également mis en avant le potentiel minier de la Côte d’Ivoire, révélant que près des trois quarts du territoire national pourraient abriter des minéraux critiques. Ce secteur est un pilier de la stratégie nationale visant à hisser le pays au rang de nation à revenu intermédiaire supérieur d’ici 2030. Pour y parvenir, Abidjan a élaboré un plan intégré couvrant la période 2026-2040, avec un budget de 38 000 milliards de francs CFA, dont 88 % seront financés par le secteur privé.

Un potentiel minier colossal face à une demande mondiale en explosion

L’Afrique détient environ 30 % des réserves mondiales de minéraux stratégiques pour la transition énergétique, dont le cobalt, le lithium, le graphite, les terres rares, le cuivre, le manganèse et le nickel. La valeur totale de ces ressources atteint près de 29 500 milliards de dollars, soit plus de huit fois le PIB annuel du continent. Pourtant, environ 8 600 milliards de dollars de ces réserves restent inexploitées.

Parallèlement, la demande mondiale devrait exploser d’ici 2040 : les besoins en métaux du groupe du platine pourraient augmenter de plus de 1 000 %, ceux en lithium de 842 % et ceux en cuivre de 88 % par rapport à 2023. Une opportunité historique pour l’Afrique de s’imposer comme un acteur incontournable de la transition énergétique mondiale.

L’Afrique à l’aube d’une révolution industrielle verte

Cette dynamique s’inscrit dans un contexte de mutation industrielle planétaire, où les chaînes de valeur des véhicules électriques et des batteries pourraient passer de 7 000 milliards de dollars en 2030 à 59 000 milliards de dollars en 2050. Les dirigeants africains réunis à Abidjan ont réaffirmé leur volonté de rompre avec l’exportation brute des matières premières pour en faire un levier d’industrialisation, de création d’emplois et de prospérité durable.